La justice espagnole a reconnu comme maladie professionnelle le traumatisme vécu par les modérateurs de contenu

Dans un jugement révolutionnaire en Espagne, la santé mentale d’un modérateur de contenu a été officiellement reconnue comme une « maladie professionnelle », marquant un tournant significatif dans la compréhension des risques psychologiques liés à la modération de contenus sur les réseaux sociaux. Cette décision judiciaire, faisant suite à la plainte d’un jeune modérateur brésilien confronté à des contenus extrêmement violents, soulève des questions cruciales sur les conditions de travail dans l’industrie de la modération de contenu et met en lumière la nécessité d’une meilleure protection de la santé mentale des employés dans ce secteur.

Les traumatismes vécus par les modérateurs de contenu reconnus comme maladie professionnelle par la justice espagnole

Dans une décision judiciaire sans précédent en Espagne, un tribunal a reconnu les troubles psychologiques d’un modérateur de contenu comme une « maladie professionnelle ». Cette décision fait suite à la plainte d’un modérateur brésilien de 26 ans, employé par CCC Barcelona Digital Services, une entreprise sous-traitante de Meta, la société mère de Facebook. Le jeune homme, chargé de modérer des contenus extrêmement violents sur Facebook et Instagram, a souffert de graves troubles psychologiques, incluant des crises d’angoisse, des cauchemars et des problèmes de sommeil, à peine huit mois après avoir commencé son travail en septembre 2018.

Le tribunal a suivi l’analyse de l’inspection du travail espagnole, qui avait déjà infligé une amende à CCC pour son inaction face aux problèmes psychologiques de ses travailleurs. Cette décision marque un tournant dans la reconnaissance des risques psychologiques liés à la modération de contenus violents sur les réseaux sociaux.

Les conséquences et réactions suite au jugement du tribunal espagnol

La décision du tribunal a entraîné une plainte pénale contre CCC et Facebook Espagne, déposée par l’avocat de l’employé, Francesc Feliu. Feliu représente également une vingtaine d’autres salariés de CCC souffrant de troubles similaires. Certains de ces travailleurs ont même tenté de se suicider, soulignant la gravité de la situation.

Le groupe Telus International, propriétaire de CCC depuis 2020, a exprimé sa déception face à la décision de la justice espagnole et a annoncé son intention de faire appel. L’entreprise insiste sur le fait que le bien-être de ses salariés est une priorité et mentionne l’engagement d’un prestataire de santé externe pour accompagner ses employés.

Cette affaire fait écho à celle de Chris Gray, un Irlandais qui avait porté plainte en 2017 contre un sous-traitant de Facebook pour des raisons similaires. Gray avait décrit l’impact dévastateur de son travail sur sa santé mentale, y compris le stress, l’insomnie et l’agressivité.

Ainsi, la décision du tribunal espagnol est un jalon important dans la reconnaissance des risques psychologiques associés à la modération de contenus violents sur les réseaux sociaux. Elle met en lumière les conditions de travail difficiles des modérateurs de contenu et la nécessité pour les entreprises de prendre des mesures pour protéger la santé mentale de ces travailleurs. Cette affaire pourrait ouvrir la voie à d’autres actions en justice et inciter les entreprises à reconsidérer leurs pratiques en matière de modération de contenu.

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